Rapport d'activité
Ce rapport d’activité retrace de manière synthétique une activité syndicale dense de toute la CGT dans un contexte d’extrême gravité sociale et politique séquencé par la lutte contre la réforme des retraites, la phase de la dissolution marquée par la lutte contre l’extrême droite, la bataille contre les budgets d’austérité et enfin le basculement du monde avec l’élection de Trump et la mise en place d’une internationale d’extrême droite.
Le monde du travail a été fortement abîmé par l’enchaînement des politiques libérales qui ont entraîné une augmentation des inégalités, une dégradation des conditions de travail, une perte des emplois et une désindustrialisation accélérée.
Alors que cette politique de l’offre est massivement rejetée par les travailleuses et travailleurs, le gouvernement et le patronat poursuivent une fuite en avant en tentant d’imposer les mêmes recettes qui alimentent la crise : réformes régressives pour le monde du travail, baisse d’impôts, et des aides sans contrôle ni contrepartie pour les plus riches et les entreprises.
Nous l’avons vu pendant tout le mandat : pour ne pas répondre aux revendications des travailleurs et travailleuses, le capital fait le choix d’aggraver la crise démocratique.
D’un côté déclassement du travail, de l’autre passage en force permanent et mépris de classe sont des carburants puissants pour l’extrême droite. Cette même extrême droite aux portes du pouvoir nourrit les oppositions racistes et sexistes, et est un puissant contre-feu à la construction d’alternatives sociales et progressistes.
Une partie du patronat a déjà basculé dans un soutien actif à l’extrême droite, le capital est prêt à s’en accommoder en reprenant son vieux slogan : « Mieux vaut Hitler que le Front populaire ! »
La CGT a assumé ses responsabilités pour empêcher l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir - un risque imminent résumé par l’expression « minuit moins une » - et garder au centre des enjeux la question sociale. Ce rapport d’activité vise à mesurer le chemin qui a été parcouru pour ouvrir des perspectives : notre point de départ, nos réussites, mais aussi nos difficultés.
La CGT rassemblée et rassembleuse
Le 53e congrès a connu des débats clivants qui risquaient de fracturer l’organisation, mais a heureusement débouché sur une volonté de rassemblement de la CGT.
Le mandat qui a suivi a été marqué par le souci permanent que les décisions collectives soient prises dans nos instances – Bureau confédéral (BC), Commission exécutive confédérale (CEC), Comité confédéral national (CCN) –, et de mieux articuler ces dernières et notamment de réimpliquer le CCN dans les décisions stratégiques. Pour restaurer la confiance des dirigeant·es et mettre à leur disposition tous les éléments nécessaires à la décision, il s’agissait d’assurer la transparence totale des enjeux : situation de l’intersyndicale, rapports avec le gouvernement, le patronat…
Le CCN s’est réuni bien au-delà de la fréquence imposée par les statuts, apportant de la réactivité dans les moments clés. Dix-huit réunions en « visio » des organisations du CCN ont ainsi été organisées, l’AG de rentrée a été transformée en CCN et les CCN sont désormais organisés sur deux jours au lieu d’un et demi, pour traiter plus sereinement l’ensemble des questions à l’ordre du jour. Pour jouer tout son rôle, le CCN a été saisi de nombreux sujets, notamment : le CoGiTiel V2, les rapports avec la FSU, la situation financière confédérale, l’analyse de la mobilisation pour les retraites, le positionnement de la CGT après la dissolution de l’Assemblée nationale…
La stratégie des luttes a également été améliorée, avec l’envoi de documents préparatoires, un travail en ateliers pour défricher des sujets ou encore la remise de rapports sur table. Enfin, dans un souci d’égalité entre territoires et professions, les unions départementales (UD) ont été réunies par grandes régions une fois par an, pour un échange stratégique privilégié avec la secrétaire générale.
Tout cela a contribué, à la sortie d’un congrès très clivé, à apaiser l’organisation et à obtenir des prises de décisions largement partagées.
Le rôle majeur de la CGT et du syndicalisme reconnu et incontournable
Ce rapport d’activité ambitionne de prendre du recul sur la place et le rôle du syndicalisme, plus particulièrement de la CGT, depuis la mobilisation des retraites. La CGT, qui s’est placée au centre du jeu social et politique, ne s’est interdit aucun sujet. Nous devons mesurer, avec réalisme et fierté, que, malgré le contexte social difficile que nous traversons, les mobilisations de la CGT ont changé la donne.
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