Introduction du document d'orientation : thème 3 par Kamel Brahmi
Il me revient donc la responsabilité de vous présenter la partie 3 de notre document d’orientation : la stratégie des luttes.
Cette partie propose, à partir d’un retour sur de grandes mobilisations et luttes, particulièrement celle contre la réforme des retraites, de l’analyse des stratégies patronales et du capital, ainsi que des forces et des faiblesses de notre organisation, de tirer un certain nombre d’enseignements. Ceux-ci ont été croisés avec les réflexions et débats de nos directions, puis complétés et enrichis par le travail d’amendement.
Nous sommes pleinement dans la réflexion autour de l’originalité de notre intervention syndicale, de sa pierre angulaire : la double besogne. Comment parfaire un syndicalisme à la fois efficace au quotidien et capable de poser les jalons d’une perspective de transformation sociale ?
Cette partie du document d’orientation propose ainsi une véritable feuille de route dont les mots-clés sont : ancrage, coordination, articulation, organisation et planification. L’objectif est de ne pas être enfermés dans la seule réaction, mais de disposer des capacités nécessaires pour être proactifs, bâtir le rapport de force et créer les conditions de mobilisations massives et convergentes. Bref, un syndicalisme de classe et de masse qui se donne les moyens de ses ambitions.
On y trouve également des développements sur l’adaptation aux nouvelles réalités du salariat afin de mieux les transformer. À la CGT, nous n’épousons pas les idées dominantes. Notre syndicalisme est enraciné dans des convictions fortes, une histoire et une identité de combat et de lutte. C’est un syndicalisme qui, à chaque époque et dans chaque contexte, a su partir des réalités concrètes telles qu’elles existent.
Vous verrez aussi dans cette partie du document des éléments qui traitent des questions internes. Le « tous ensemble CGT » est l’une des conditions de l’impulsion d’un « tous ensemble » des travailleuses et des travailleurs.
Le texte, enrichi par les amendements, évoque également des pistes pour perfectionner notre outil. La force vive de cet outil, ce sont nos syndiqué·es. Comment élargir la prise de responsabilités ? Comment déléguer davantage, fortifier les collectifs, mieux former et davantage former ? Comment mieux s’appuyer sur le travail de nos mandaté·es en renforçant la coordination, les liens et le respect de l’autorité politique de nos directions ?
Répondre aux attentes qui s’expriment vis-à-vis de la CGT nécessite de s’appuyer sur un élément fondamental : le syndicalisme CGT est une réalisation collective. Un collectif qui débat démocratiquement et agit avec méthode.
La stratégie des luttes, c’est en résumé la réponse à une question simple : comment faire pour gagner ?
Le document d’orientation propose de construire l’unité à la base qui se conjugue avec le travail unitaire, le rassemblement autour de contenus revendicatifs de haut niveau, et développe les moyens de gagner la mise en mouvement et la grève.
Il rappelle que la grève demeure l’outil le plus efficace du rapport de force. Elle se construit. Elle peut s’appuyer préalablement sur des actions peut-être moins impactantes pour l’activité économique mais utiles pour renforcer l’organisation, faire cheminer les consciences et démontrer la capacité de notre organisation syndicale à convaincre le plus grand nombre de salarié·es d’exprimer leurs revendications.
Nous n’éludons aucun débat : l’animation de nos actions, la place de la jeunesse, l’unité syndicale, l’articulation entre journées d’action interprofessionnelles et professionnelles.
L’extrême droite, ennemie mortelle du syndicalisme, est également abordée. La progression de ses idées, les moyens de les combattre, la spécificité de ce courant politique que nous refusons d’amalgamer avec d’autres afin de ne jamais le banaliser tout en pointant les responsabilités de ceux qui font sauter les digues démocratiques.
Tout cela est travaillé dans le texte, avec le rappel que notre responsabilité première pour faire reculer les idées et les partis d’extrême droite est de gagner des mesures de progrès social, de casser le fatalisme, d’améliorer concrètement la vie des salarié·es et de renforcer la CGT.
L’institutionnalisation, l’enfermement dans l’agenda patronal, tous ces pièges sont abordés et des pistes pour les dépasser sont proposées.
Nos outils interprofessionnels, les bourses du travail, ainsi que la nécessité de les faire vivre grâce à l’appui des syndicats, dans un monde du travail profondément marqué par les déserts syndicaux, font également partie des questions que nous avons souhaité enrichir par nos débats.
Cette partie du document d’orientation comporte également un chapitre sur l’international, très fortement développé grâce au travail d’amendement.
Cela tient à deux raisons principales. D’abord à l’actualité tragique qui s’est accélérée entre la publication du texte initial et le travail d’amendement, avec notamment l’aggravation des conflits au Moyen-Orient. Ensuite, cela témoigne de la forte attention portée par nos syndicats aux questions de paix, d’internationalisme, de soutien aux luttes d’émancipation des peuples et de lutte contre les impérialismes.
Je le disais : aucun débat n’est éludé.
Notre rapport au politique est également développé. Le politique est ici entendu au sens large. Comment la CGT peut-elle peser de tout son poids dans la bataille culturelle, idéologique et politique ?
Nous rappelons notre disponibilité à travailler sur des contenus revendicatifs, des fronts antifascistes et des initiatives communes avec les partis politiques, à l’exception de ceux d’extrême droite.
Nous réaffirmons dans le même temps notre attachement viscéral à notre totale indépendance à l’égard des partis, des Églises, de l’État et, bien évidemment, du patronat. Le refus de toute instrumentalisation. Notre organisation de masse respecte les partis politique autant quelle sait se faire respecter.
Cette indépendance nous donne d’autant plus de légitimité pour agir sur tous les terrains dès lors qu’il s’agit de défendre les droits et les intérêts des salarié·es.
La CGT ambitionne donc de faire de tous les espaces — les institutions, les instances, le champ social au sens large, des champs ou l’on pèse pour alimenter un rapport de force, que nous développons en premier lieu auprès des travailleurs et des travailleuses du public et du privé. Tous nous concerne, tous nous intéresse, nous ne laissons aucun terrain à la main mise du capital.
Pour résumer, camarades : pour une stratégie des luttes tournée vers la victoire, ON S ORGANISE !
Place au débat !
Résultats des votes du document d'orientation
Le thème 3 du document d'orientation a été adopté par 78,98 % des votants
Le document d'orientation a été adopté par 74,47 % des votants