Introduction au débat sur le rapport d'activité
Cher.es délégués, Cher.es invités, cher.es camarades, Bonjour,
A mon tour, au nom de la Commission, de vous souhaiter la bienvenue au 54ème congrès. Je tiens à remercier l’ensemble de ses membres pour le travail mené ces derniers mois.
La période que nous avons traversée depuis le 53ème congrès a été « dense ». Nous devons mesurer avec fierté qu’à chaque étape nos initiatives et mobilisations ont fait changer la donne. Nous avons été la CGT qui remporte des victoires, … n’en déplaise à nos adversaires de classe !
Ma présentation ne pourra pas être exhaustive, je vais donc pointer particulièrement 8 sujets qui ont marqué notre mandat.
Tout d’abord, la mobilisation contre la réforme des retraites, structurante pour la place du syndicalisme et de la CGT dans la société.
Le 53e congrès a eu lieu pendant cette lutte exemplaire, et dès la semaine suivante, deux millions de personnes se sont mobilisées dans la rue à l'appel de l'intersyndicale pour stopper cette réforme imposée par 49.3.
Ce passage en force du gouvernement minoritaire dans la rue et à l'Assemblée nationale a été le point de bascule de la crise sociale et politique dans laquelle nous sommes encore plongés. La CGT s'était engagée à ne rien lâcher sur le retrait de la réforme, et nous avons tenu parole. Le président a payé très cher son passage en force et a été contraint de sacrifier 4 premiers ministres. A chaque fois, la question des retraites était au centre du débat.
Grâce à notre détermination, nous avons déjoué les copinages du conclave, gagné le vote d’un vœu abrogeant la réforme, puis le décalage de l’application de la réforme à l’Assemblée nationale en juin 2025. Soyons clairs, ce décalage n’est ni l’abrogation ni la suspension de la réforme mais c’est inédit.
C’est la première fois dans l’histoire sociale que 2 ans après le passage en force de la réforme, on réussit à revenir dessus. Cela confirme qu’il n’y a pas d’autre voie que l’abrogation !
Nous avons également décidé de multiplier les batailles dans les branches et les entreprises pour gagner des départs anticipés et reprendre ce qu’on nous avait volé. Bravo aux cheminots, aux dockers et aux verriers d’Owens Illinois qui, par la mobilisation ont réussi à gagner des départs anticipés. Un bémol toutefois à analyser : le fait que nous n’ayons pas réussi à étendre ces mobilisations à d’autres secteurs.
Comme nous l’avions annoncé, nous avons fait payer à Macron son passage en force et fait fructifier les graines plantées lors de la mobilisation. Mais aussi, réussi à maintenir l’unité syndicale, malgré les stratégies de division du gouvernement et du patronat.
C’est cette stratégie d’unité et de mobilisation qui nous a permis de bloquer l’ensemble des réformes Macron. Deux réformes de l’assurance chômage empêchées en 2024 puis en 2025, c’est la première fois ! Grâce à cette victoire, des millions de précaires, n’ont pas eu à subir de baisses de droits.
Nous avons stopper la réforme de l'audiovisuel public que Rachida Dati était prête à imposer, une nouvelle réforme de la fonction publique, et aussi une réforme du code du travail qui n’a jamais pu voir le jour.
Bayrou avait pourtant tout préparé, et sa ministre du travail, avait envoyé en plein été la lettre de cadrage pour enclencher la négociation sur la généralisation des forfaits jours, et pour faciliter les licenciements et le développement des contrats précaires ! Camarades, nous les avons forcés à renoncer…
Puis, grâce à notre mobilisation, deux budgets d’austérité ont été en partie vidés de leur contenu : les trois jours de carence dans la fonction publique, le vol de 2 jours fériés, le doublement des franchises médicales, le gel des pensions et de toutes les prestations sociales, la taxation des apprentis et des CSE… passés à la trappe !
Ensuite, nous avons déployé la stratégie que nous avons eue d’initier une pétition unitaire dès juillet 2025, de soutenir la mobilisation citoyenne du 10 septembre et de s’en servir comme point d’appui pour gagner 2 fortes journées d’action intersyndicales les 18 septembre et 2 octobre.
3 journées d’action rassemblant 2 millions de manifestant.es contre l’austérité en 3 semaines à la rentrée, c’est inédit ! C’est aussi la première fois que nous avons réussi à mobiliser en interprofessionnel contre un PLF et un PLFSS !
Et le graal, nous avons réussi à empêcher le vol du 1er mai et à bloquer la proposition de loi de Attal. Alors qu’elle sera présentée au Sénat le 16 juin prochain, ce sujet doit être prise à bras le corps par tous nos syndicats.
Cette même stratégie d’unité et de mobilisation pendant les négociations interprofessionnelles a permis d’empêcher certains accords régressifs sur la formation professionnelle, les retraites ou le chômage. Nous avons obligé le gouvernement à ne pas mettre sous tutelle l’Agirc Arrco, à ne pas voler ses réserves, ce qui se serait traduit par une violente baisse des retraites complémentaires. Nous avons gagné la fin de la limitation à 3 mandats pour les représentants du personnel.
De plus en plus, les DG des groupes de protection sociale se prennent pour des PDG d’entreprises du CAC40, et nous avons non seulement gagné le départ du directeur général AG2R mais surtout obtenu un accord qui renforce le rôle des administrateurs. Enfin, grâce à la bataille juridique et militante enclenchée depuis 10 ans, nous avons gagné le décompte de congés payés pendant les arrêts maladies.
Grâce à notre mobilisation, des millions de travailleurs et de retraité.es, ont échappé à une violente cure d’austérité.
Il est très important que nous ayons la capacité de mesurer ce que nous avons fait bouger pour les travailleurs. On peut évidemment exiger plus et mieux, mais ce n’est pas rien non plus !
Valoriser nos victoires, ce n’est pas s’en satisfaire et s’arrêter là, c’est au contraire se donner plus de force pour repartir au combat et pouvoir entrainer toujours plus de travailleurs !
Dans le prolongement de la dynamique retraites, nous avons décidé de nous réemparer de la bataille pour notre sécurité sociale, gagnée par la lutte. Nous avons amplifié notre mobilisation contre les PLFSS mais aussi fêter dignement ses 80 ans.
A l’occasion des 80 ans du CNR, notre secrétaire générale a publié l’ouvrage « Il est minuit moins le quart », préface à la réédition du programme du CNR, et nous avons organisé un grand colloque pour réaffirmer le rôle du mouvement ouvrier et l’actualité de son héritage.
Nous avons, en octobre dernier, organisée une initiative à l’Assemblée nationale, et grâce à notre interpellation à sa Présidente, nous venons de gagner la mise en place d’une plaque sur le siège qu’occupait Ambroise Croizat, comme député : 80 ans après, il était temps !
Enfin, nous avons décidé de faire de la bataille contre les morts et les accidents du travail, une priorité.
Grâce à notre mobilisation sur les chantiers JOP2024, et aussi avec la présence de Bernard Thibault, à la coprésidence du comité de suivi de la charte sociale, nous avons gagné la multiplication des contrôles de l’inspection du travail, le renforcement des moyens des organisations syndicales et la mise en place de formes de CHSCT.
Résultat : le nombre d’accidents du travail divisé par 4 et aucun mort ! Le 28 avril est désormais une journée de mobilisation, et les initiatives organisées, nous ont déjà permis de gagner des avancées. C’est le cas sur les chantiers du Grand Paris, devant lesquels nous avons initié des rassemblements en avril 2023 pour dénoncer la multiplication des morts au travail. Depuis, un plan de prévention d’ensemble a été mis en place et il n’y a plus d’accident mortel sur ces chantiers !
Nous avons également restructuré notre activité sur le handicap, avec en 2025, l’organisation d’une rencontre annuelle, la signature de la convention AGEFIPH et la relance du travail revendicatif sur le sujet.
2- Puis, il nous a fallu prendre soin de notre vie syndicale !
L’analyse de la mobilisation contre la réforme des retraites nous a permis d’identifier les points d’appuis à préserver : l’unité et la proximité, mais aussi ce qui nous a manqué pour étendre la grève.
Les causes sont multiples : recul de la culture d’organisation, déficit d'implantation syndicale, fragilisation de nos UL, amplification de la répression syndicale…. Le cap était clair pour ce mandat : faire de la vie syndicale une priorité. Si ces 3 années ont été marquées par une forte amélioration de l’image de la CGT, grâce à la mobilisation retraite, elle l’est aussi grâce aux progrès importants que nous avons accomplis en communication et en visibilité dans les médias.
Cela s’est traduit par notre capacité à consolider une démarche : la mise en avant d'un syndicalisme qui organise à l'inverse d'un syndicalisme délégataire. C’est le sens de notre slogan « on s'organise ! » qui fait résonner les paroles de Georges SEGUY « il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager ! »
Grâce à vous toutes et tous, ici et en proximité, en 2023, pour la première fois en 12 ans, nous avons réussi le pari de ne pas clôturer à la baisse nos adhésions. Le cap des 600 000 syndiqué.es a été franchi en 2023 et amplifié en 2024.
Cette forte progression de nos nouvelles adhésions est à saluer. Nous avons maintenu cette augmentation signe que notre nouvelle cote de popularité s’inscrit dans la durée. Cependant, si nous n’étions pas un panier percé, notre nombre de syndiqué.es s’approcherait aujourd’hui des 750 000…
Puis, malgré une faible participation aux élections TPE, les salariés ont porté la CGT largement en tête.
Jouant notre rôle de 1ère organisation syndicale des salariés des TPE, nous avons exigé et obtenu l’ouverture d’une concertation sur leurs droits. Cette concertation, toujours en cours, devrait déboucher sur la remise d’un rapport dans les prochaines semaines.
Nous avons aussi relancé le chantier du COGITIEL V2 et œuvré voir enfin son lancement effectif.
Nous avons également fêté en grand les 130 ans de la CGT avec des initiatives tournées vers l’extérieur et la jeunesse : près de 400 jeunes syndiqué.es, 200 secrétaires généraux de syndicat réunis le 13 juin 2025 à la Bourse Nationale du Travail, une grande fête populaire avec plus de 2 000 personnes à Montreuil, sans oublier l’anniversaire à Limoges.
La magnifique exposition et le livre valorisant 130 luttes et 130 camarades, fruit du travail de notre IHS, est à souligner.
Grâce à la NVO, la réalisation d’un CD de chants de lutte, présenté lors d’un concert rassemblant 6 000 personnes à la fête de l’Humanité témoigne d’une organisation qui sait faire vivre sa culture militante et la partager largement.
Puis, le magnifique film de Gilles Perret « On est la CGT », diffusé par France Télévision le 3 mai dernier, et disponible en rediffusion. Je vous invite à organiser des projections dans vos territoires ou vos boîtes, et vous en servir pour syndiquer !
3- Nous avons décidé de redimensionner notre coordination des luttes au service des syndicats
L’enjeu, travailler à mettre la force de l’ensemble de la CGT et faire aboutir des luttes d’intérêt stratégique.
C’est un travail peu visible de l’extérieur mais colossal : à chaque fois nous avons médiatisé les luttes, organisé les soutiens les plus larges possibles, jusqu’aux élus locaux et parlementaires. Mis sous pression le patronat, le gouvernement et l’Elysée au plus haut niveau, aidé à travailler des projets alternatifs, à mener la bataille juridiquement…
Ces dynamiques ont permis des victoires importantes sur les salaires (Vertbaudet, Monnaie de Paris, Tour Eiffel, Campanile de Suresnes, Cliniques du groupe ELSSAN dans le 66, Aides à domiciles de Paris 17e …) ainsi que des avancées industrielles majeures (VALDUNES, Fonderie de Bretagne, Gardanne, Chapelle DARBLAY, VENCOREX et le dossier toujours en cours de Fibre excellence). Mais aussi, gagner le vote par l’assemblée de la proposition de loi pour la nationalisation d’ArcelorMittal.
Aucune de ces batailles n’aurait pu être gagnée sans l’implication de toute la CGT sous l’impulsion de notre coordination des luttes : la renforcer est donc un enjeu majeur.
Ces belles victoires ne doivent pas occulter les trop nombreuses luttes qui n’ont pu aboutir, du fait de la violence des rapports de classe, et donc la nécessité d’obtenir des droits nouveaux. Aussi, je tiens à saluer notamment les luttes des camarades de CLESTRA, d’ASCOMETAL, de la Verrerie du Languedoc, de Cordemais et tant bien d’autres.
4- Agir pour l’industrie, l’environnement et les services publics est donc une nécessité
Nous avons lancé notre plan d’action syndical pour l’environnement et l’industrie, puis organisé les états généraux de l’industrie et de l’environnement avec la participation de 700 militants·es en mai 2024 à Montreuil. Présenter nos 22 propositions pour réindustrialiser et décarboner, et interpeller les candidats aux élections européennes.
Alors que le gouvernement s’est vanté d’une pseudo relance de la réindustrialisation, nous avons dissipé ce mensonge grâce à notre liste noire des plans de licenciements réalisée et mise à jour par notre coordination des luttes.
La CGT est devenue la référence sur le sujet : cette liste actualisée régulièrement, notre journée d’action du 12 décembre 2024, nos rencontres du « Made in France » du 26 mars 2026 et nos nombreuses initiatives ont permis de démontrer le naufrage de la politique de l’offre du président Macron et du patronat.
Alors que la CGT dénonce de longue date, l’explosion des aides aux entreprises, nous avons contribué à ce que cette gabegie soit au centre du débat public. Un rapport sénatorial a confirmé nos chiffres : la France dépense chaque année 211 Mds d’euros d’aides aux entreprises sans conditions ni contrepartie !
Face à ce scandale, le gouvernement a été obligé de missionner le commissariat général au plan pour faire des préconisations. Cette mission rendra ses conclusions ces prochaines semaines.
La bataille continue ! Et, nous avons développé des outils pour permettre à nos organisations de mieux travailler sur les questions environnementales (radar travail-environnement, livret environnement, formations confédéralisées) et renforcé notre intervention sur des dossiers comme les PFAS ou l’eau.
La question du logement a été réaffirmée comme enjeu syndical avec les Assises nationales du logement organisées à Montreuil en 2025 en présence de 250 camarades : l’occasion de remettre à jour une plateforme revendicative sous la forme d’un manifeste CGT pour le logement.
Les liens entre industrie et services publics sont indissociables dans la réponse aux besoins sociaux et aux transformations du pays. Les luttes dans la fonction publique et les entreprises de service public (cheminots, énergie, organismes sociaux) ont renforcé la visibilité de cet enjeu. Dans ce cadre, nous avons confirmé la nécessité de construire des convergences sur la place des services publics.
5- Notre lutte contre les idées d'extrême droite, a structuré l’ensemble du mandat dans un contexte de progression de cette menace et de convergence croissante avec le patronat.
Là encore, la CGT avait prévenu. Le passage en force sur la réforme des retraites ouvrirait un boulevard à l’extrême droite, devenue le danger principal s’alignant progressivement avec le patronat.
Le colloque du 5 octobre 2023 « lutter contre le racisme, l’antisémitisme et l’extrême droite », rassemblant 400 camarades et rendant hommage à Henri Krasucki, en baptisant le parvis de la CGT de son nom a constitué un moment fort.
Traiter ensemble la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’extrême droite a permis à la CGT d’être très claire dans sa réaction aux attentats du 7 octobre 2023, en refusant de mettre en concurrence les morts !
Il ne faut surtout pas minimiser ni banaliser l’antisémitisme qui connait une progression inquiétante. Le racisme étant identifié comme un ressort important de la montée de l'extrême droite et l'unité syndicale nécessaire pour y faire barrage, la CGT a été à l'initiative d’une campagne intersyndicale contre le racisme, la xénophobie, et l’antisémitisme au travail.
Saluons l’énorme travail réalisé durant ce mandat pour défendre et organiser les travailleurs migrants.
Malgré une politique de plus en plus répressive et nauséabonde, nous avons multiplié les luttes et les victoires : à l’été 2023, les travailleurs d’Emmaus, à l’automne 2023, puis des grèves coordonnées de 500 travailleurs sans papier en Ile de France, et en mars 2026, grève des coiffeuses du Bd de Strasbourg. Mais aussi la lutte des vendangeurs de la Marne, le procès contre le réseau mafieux des JOP, et contre la société SEPUR…
Nous avons dénoncé et mobilisé contre la loi de la honte, « asile immigration » votée par les macronistes et l’extrême droite.
Alors que la majorité des organisations étaient sous le choc, nous avons réussi à lancer un appel de 201 personnalités à manifester le 21 janvier. Cet appel, très large, allant de Jacques Toubon à Christiane Taubira, associant l’ensemble des partis de gauche, des prêtres, des rabbins ou des imams, et 5 organisations syndicales a fortement contribué à la censure partielle de cette loi scandaleuse par le conseil constitutionnel. Cela a permis de dénoncer solennellement la dérive de la macronie, prête à reprendre les idées de l’extrême droite.
En février 2024, la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian et de nos camarades FTP MOI nous a permis de mettre en lumière le rôle du mouvement ouvrier et des étrangers dans la Résistance : « 23 étrangers et nos frères pourtant, morts pour la France ».
En faisant participer à la cérémonie, le porte-parole des 500 grévistes travailleurs sans papiers d’Ile de France, nous avons démontré qu’ils sont les héritiers de la FTP MOI créée il y a 100 ans, et de Missak et ses camarades. Nous avons aussi dénoncé les aberrations macronistes : comment voter la loi de la honte et en même temps rendre un hommage national à Missak et Mélinée Manouchian ?
Aujourd’hui, je suis fière de vous annoncer que grâce à toute cette mobilisation nous venons d’obtenir l’annonce par le nouveau ministre de l’Intérieur de la rédaction d’une nouvelle circulaire permettant de régulariser les travailleurs étrangers.
Le point d’orgue de notre lutte contre l’extrême droite a été notre réaction à la dissolution de juin 2024, alors qu’Emmanuel Macron était prêt à faire rentrer le RN à Matignon pour pouvoir conserver sa politique pro-capitaliste.
La CGT a pris toutes ses responsabilités et a joué un rôle central. Dès le lendemain de l’annonce, nous avons publié un communiqué disant « contre l’extrême droite, front populaire », et appelant la gauche à s’unir pour répondre aux exigences sociales. Nous avons gagné un appel intersyndical (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires) à une grande manifestation contre l’extrême droite.
Ce qui nous a guidé, c’est la conviction que face à l’extrême droite, dire non ne suffisait plus.
Après le scandale du passage en force de Macron sur la réforme des retraites, sans réponse aux exigences sociales, il était évident que les travailleur.ses ne se mobiliseraient pas dans les urnes uniquement pour faire barrage. Toutes ces initiatives ont conduit à l’union des forces de gauche dans un Nouveau Front Populaire, porteur d’un programme reprenant nombre de nos revendications : l’abrogation de la réforme des retraites, la retraite à 60 ans, la justice fiscale, le financement de nos services publics, la constitution d’un pôle public du médicament…
A toutes les étapes, nous avons pris les positions ensemble, avec le BC, la CEC et le CCN qui s’est réuni toutes les semaines.
La CGT a été fer de lance et magnifique. Partout, dans les entreprises et les territoires nos militantes et militants ont mené la campagne, jour, nuit, soir et weekend. Nous avons multiplié les initiatives, rassemblé très largement la société civile, associations… et organisé 2 grands meetings avec des dizaines de milliers de personnes à Paris. Nous avons empêché Bardella de rentrer à Matignon ! Soyons fiers d’avoir joué un rôle majeur !
Cependant, Macron a fait ce qu’aucun autre chef d’état européen n’a osé : s’asseoir sur le résultat du vote et refuser de nommer un premier ministre issu du NFP, arrivé en tête.
Il a préféré déclencher une grave crise institutionnelle plutôt que de mettre en place un gouvernement répondant aux exigences sociales !
6- L’une d’entre elle : l’égalité Femmes/Hommes
Grâce à la CES, nous avons gagné il y a 3 ans l’adoption d’une directive européenne sur la transparence des rémunérations. Elle permet de sanctionner les entreprises qui discriminent, de contraindre à la transparence des rémunérations, et de revaloriser les métiers féminisés en comparant les métiers et en retenant leur valeur égale. Cependant, la France, sous pression du patronat, freine sa transposition. Quelle honte !
Pour amplifier le rapport de force sur les questions d’égalité F/H, nous avons encore renforcé notre prise en compte du 8 mars comme journée de grève féministe. Mais il nous faut nous parler honnêtement. Si la mobilisation féministe est de plus en plus forte dans la rue le 8 mars, nous ne sommes pas à la hauteur sur les lieux de travail. Porter systématiquement la question de l’égalité lors des NAO, et ancrer davantage la grève féministe du 8 mars, est une priorité !
La CGT continue d’organiser et d’impulser la journée de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre.
Nous sommes la cheville ouvrière d’une large coalition d’associations qui a rédigé une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles reprise dans les grandes lignes désormais par plus de 100 députés.
7- D’un point de vue international, c'est un véritable basculement du monde qui s'est opéré durant le mandat
Marqué par la guerre menée par Poutine en Ukraine, le génocide des Palestiniens de Gaza, l'affirmation d'une internationale de l'extrême droite renforcé avec l'élection de Trump.
Pour prendre immédiatement la mesure des bouleversements profonds induits par cette élection, nous y avons consacré plusieurs réunions de la direction confédérale, permettant ainsi de caler les axes essentiels de notre stratégie syndicale au niveau national et international.
A partir de cette analyse, nos interventions au sein de la CES et la CSI pour porter la nécessité de réorientations stratégiques, sur le libre-échange, la paix, la lutte contre l’extrême droite et de la construction européenne sont à souligner. Nous avons obtenu que la CES se dote d’un laboratoire de suivi de l’extrême droite, qui permet de faire la veille, de mutualiser les analyses et les initiatives. Concernant la paix, nous avons également gagné la mise en place par la CES d’un groupe de travail syndical, et un vrai plan de bataille de la CSI qui nous a été présenté ce dimanche.
La CGT n'a cessé durant le mandat d'être partie prenante des mobilisations pour une paix juste et durable.
Face à l'ampleur de la tragédie en Palestine, nous nous sommes inscrits dans toutes les mobilisations initiées par le collectif national pour une paix juste et durable, travaillé pour élargir l’unité syndicale, multiplié les interpellations au président de la République. Nous avons participé au congrès à Hébron de la PGFTU, réussi à collecter 110 000€ pour l’UNRWA et participé à la flottille pour Gaza. Je veux saluer Cédric Caubère, secrétaire général de l’UD31 qui a fait la traversée et a passé plusieurs jours dans les prisons israéliennes…
Cette mobilisation a été déterminante pour gagner un changement de position de la France qui a enfin reconnu l’Etat de Palestine, entrainant de nombreux pays derrière elle. Nous avons été de toutes les mobilisations pour dénoncer les guerres de l’impérialisme, celles contre l’Ukraine, l’Iran et le Liban, et contre le blocus de Cuba. Mais aussi organisé de nombreuses initiatives de solidarité : envoi de containers à Cuba, de trains en Ukraine…
Nous avons également initié une grande campagne de solidarité après la catastrophe humanitaire à Mayotte, et récolté 200 000€ pour nos camarades.
Le rôle que joue la CGT dans les instances du syndicalisme international est primordial. Au niveau européen, notre intervention a contribué à l’orientation combative de la CES, qui a relancé l’organisation de manifestations européennes en 2023. La CES et la CSI ont soutenu l’ensemble de nos mobilisations, y compris en étant présentes régulièrement dans nos manifestations, et ont dénoncé fortement la remise en cause du premier mai et la répression syndicale. Cette orientation combative de la CES a permis de gagner des avancées que nous devons encore transposer en France : travailleurs des plateformes, transparence salariale, comités européens, amiante….
8- Dans le même temps, un mandat marqué par la forte amplification de la répression antisyndicale
La répression de la mobilisation contre la réforme des retraites avec des centaines de militant.es, notamment nos camarades de l’énergie, qui ont été placés en garde à vue, ou sujet à des procédures pénales à la suite d’actions militantes. C’est le cas de 2 membres du bureau confédéral : Sébastien Menesplier et Myriam Lebkiri. Certaines sont toujours en cours, je pense notamment à Arnaud Raffier, secrétaire général de l’UD de la Haute-Vienne.
Puis, la répression des mobilisations pour dénoncer le génocide à Gaza. Soyons fiers d’avoir réussi à gagner des décisions de justice positives pour nos camarades Jean-Paul DELESCAUT et Thimoté LESPRIT.
La montée de l’extrême droite, et l’émergence d’un patronat décomplexé, c’est ce qui vaut pour notre secrétaire générale, 2 mises en examen. C’est aussi le cas de Gérard RE, membre du bureau confédéral, mis en examen par la SEPUR pour avoir dit qu’elle employait des Travailleurs Sans Papiers…
Face à cela nous avons multiplié les mobilisations et les initiatives, avec en point d’orgue : le meeting sur les libertés, avec 2000 militant.es rassemblés le 4 février dernier à la bourse nationale du travail à Montreuil !
C’est cette mobilisation qui nous a permis d’obtenir une première avancée : le lancement par le ministre du travail d’une mission sur les Bourses du travail. Alors que nombre d’entre elles sont menacées qui plus est depuis les élections municipales.
Tout cela n’a été possible que parce que nous avons mis toute notre énergie à rassembler l’organisation, fortement clivée lors du 53e congrès.
Nous avons fait en sorte que toutes les décisions soient toujours prises dans les instances, renforcé le rôle du CCN, travaillé pour mieux soutenir et associer les Unions Départementales, avec l’organisation d’une réunion annuelle de la secrétaire générale dans chaque grande région, et réuni sur des points clé les fédérations.
Cher.es camarades délégués, ce bilan d’activité, vous avez été amené à le lire, à le partager et à le soumettre aux syndicats, à vous maintenant de lui donner corps concrètement par le débat et par son vote !
Vive le 54ème congrès ! Vive la CGT !
Résultats des votes du rapport d'activité